Compte-rendu du colloque MCLCM de juin 2013

mercredi 21 août 2013
par  Pagestec

Dernier document de notre dossier sur la méthode EPCC, le compte-rendu (par M. Ignace Rak) du colloque du Mouvement Contre La Constante Macabre qui s’est tenu le 17 juin à l’Ecole des Mines de Paris.

Compte-rendu du colloque MCLM juin 2013

Le programme du colloque de juin 2013 du MCLM est disponible sur le site du MCLM.

François Jarraud rédacteur en chef du Café Pédagogique, animateur de l’une des tables rondes a fait sous le titre « Evaluation : La méthode Antibi fête son avenir », un compte rendu succinct de ce colloque.

Ayant assisté à titre personnel à ce colloque, je complète son compte rendu sur certains points que j’ai intercalé dans le compte rendu de François Jarraud, ceci à partir de mes propres notes manuscrites, notamment pour le matin où nombreuses personnalités et responsables ministériels se sont exprimés. 

Compléments personnels d’Ignace Rak (I.R.) au compte rendu (extraits) de François Jarraud (J.R.) dans l’Expresso du Café pédagogique du 18 juin 2013

Séance plénière

François Jarraud débute ainsi son compte rendu « …Normalement les bonnes fées sont autour des berceaux. Pour le Mouvement contre la constante macabre (MCLCM) d’André Antibi, elles sont venues le 17 juin pour fêter ses 10 ans. De la FSU à l’enseignement catholique, du lycéen de la FIDL au représentant de la Conférence des grandes écoles, le MCLCM semble faire l’unanimité dans l’univers éducatif. C’est que le mouvement d’André Antibi interroge une tradition d’évaluation qui n’est pas pour rien dans les difficultés du système éducatif… ».

I.R. Plus de 200 participants et représentants de toutes les catégories du personnel de l’éducation nationale (professeurs, chefs d’établissements, inspecteurs, etc.).

Lire la suite de l’article du Café pédagogique

D’après mes notes (Ignace Rak), voici quelques compléments à la séance plénière

La représentante de la DGESCO a indiqué :

- que le LPC (livret personnel de compétences) va être seulement « simplifié » ;

- qu’il sera élaboré une nouvelle doctrine commune de l’évaluation ;

- qu’il y aura un guide qui sera publié à l’intention des professeurs, élèves, parents et grand public ;

- qu’il sera fourni « une mallette » pour les parents.

André Antibi a réagit :

- il est scandalisé de voir des grandes réformes sans recueillir l’avis des enseignants sur les textes ;

- qu’il demande à la représentante de la DGESCO que le LPC soit supprimé.

F. Jarraud Indique que pour lui, l’EPCC est une démarche accessible et ne nécessite pas autant de formation de professeurs.

F. Croc de MCLM, professeur de mathématiques en lycée, témoigne de son expérience depuis 2005 :

- + 3 points de moyenne sur la note /20 avec la méthode EPCC ;

- ce sont les élèves « moyens » qui progressent le plus, ainsi que les « meilleurs ».

Fouquet Fsu SNEP

- faire reculer les injustices dont l’orientation 3e ;

- on ne change pas un mode d’évaluation sans changer la pédagogie, dont la formation des professeurs ; et que la réécriture des programmes le prenne en compte ;

- on décide trop dans l’urgence ;

- on pointe la constante macabre depuis dix ans et malgré cela on ne généralise pas la méthode EPCC, il y a donc un problème ;

- comment sortir de cette façon de noter selon la courbe de Gauss pour les élèves sachant que les professeurs eux-mêmes y sont astreint pour leur promotion : 50% grand choix, 30% petit choix et 20% à l’ancienneté ;

Hubert Fsu SNES

- la traduction dans les faits et dans les programmes est du ressort du futur Conseil Supérieur des Programmes (CSP) ;

- la notion de confiance est importante ;

- il ne pas oublier qu’on évalue une production et non l’élève, ce qui pose problème pour les compétences 6 et 7 du socle sur les attitudes ;

- les modalités d’évaluation ne doivent pas piloter les programmes ;

- il faut absolument distinguer l’évaluation formative et l’évaluation certificative ;

- le LPC n’est pas adapté à l’évaluation certificative ;

- sur le lien entre notation et orientation, il y a une pression exercée par l’évaluation, alors que cela ne devrait pas être le cas ;

- il y a aussi un lien, donc une pression exercée par l’évaluation au détriment du travail dans la classe : il faut laisser le temps au travail.

Florence Robine, rectrice de Créteil, pointe

les axes de progrès :

- pour l’évaluation dans le socle ;

- invite les élèves à aller jusqu’à écrire eux-mêmes les questions qui pourraient être posées ;

et le danger éventuel :

- de tomber dans le pédagogisme et la micro-réussite.

- de tomber dans le pédagogisme et la micro-réussite.

Ma contribution personnelle dans l’atelier n°5

Ma participation l’après-midi à l’un des ateliers au colloque 2013 à porté sur le témoignage d’un professeur de technologie ayant mis en place la méthode EPCC dans des classes de 5e et de 3e et qui n’avait pas pu se déplacer, c’est à dire Yohan Peuffier du collège Jules Romain de Nice membre du conseil d’administration de la plus grande association Internet des professeurs de technologie PAGESTEC, (revoir le document n°2 de cette série sur le site PAGESTEC).

En qualité d’expert en évaluation dans l’éducation technologique au collège et les enseignements technologiques et professionnels de lycées entre les années 1970 et 2005, je résume les problématiques actuelles en discussion à trois principales : 

1 – la suppression de la note sur 20 (comme le promeuvent certains mouvements pédagogiques et expérimentations collectives ou individuelles) : pour moi qui ai accompagné et expérimenté pendant 25 années (1970-1995) cette suppression des notes dans 25 % des lycées professionnels, c’est une impasse, car impossible à généraliser pour différentes raisons ; 

2 – la méthode EPCC est une solution fiable pour l’amélioration des procédures d’évaluation des élèves, tout en conservant la notation sur 20 ; pour moi cela renforce la transparence de l’évaluation, ainsi que cela diminue le stress en augmentant l’implication disciplinaire ;

3 – l’étude de l’amélioration de la notation sur 20 avec critères, indicateurs et barème, est une piste souvent signalée par des universitaires didacticiens et pédagogues (Perrenoud, Meirieu, Hadji, etc.) mais quasiment jamais approfondie dans les formations initiales et continues : pour moi c’est une formation disciplinaire, puis interdisciplinaire des professeurs, ainsi que des élèves, qui est incontournable et indispensable en préalable et en complément à la mise en œuvre de la méthode EPCC. 

Références à quelques-uns de mes documents de formation

- un document de 3 pages sur le danger et l’impasse des évaluations notées autrement que sur 20 « Evaluations notées autrement que sur 20 : des initiatives hasardeuses » ;

- une contribution refusée de 9 pages par les Cahiers Pédagogiques pour le numéro spécial 491 d’octobre 2011 sur « Evaluer à l’heure des compétences » « Evaluer les productions des élèves en technologie et dans d’autres disciplines ».

Pour l’association des professeurs de technologie PAGESTEC

Ignace RAK

Juillet 2013

ANNEXE 1

Colloque Evaluation Antibi

Paris 21 juin 2012

Contribution d’Ignace RAK, IA IPR STI honoraire de l’académie de PARIS, dans la commission conseillers pédagogiques, chefs d’établissement et corps d’inspection.

- Remarques préalables

Sur le terme : évaluation « par compétences », pour moi, au moins 2 sens, dont un caché =

- si c’est une évaluation des compétences, alors c’est une situation d’évaluation des savoirs et attitudes en cours d’une action (ou activité observable) de résolution d’un problème ;

- ce qui est sous-entendu, n’est-ce pas la suppression de notation sur 20, et son remplacement par un autre système ?

Sur ce sens caché, il faut rappeler pour les acteurs de colloque, que c’est une solution déjà longuement expérimentée entre 1971 et 1995 dans les lycées professionnels et remise en mouvement à l’occasion,

- du socle commun des connaissances et compétences ;

- du livret personnel de compétences validant ces compétences.

- d’innovations d’établissements.

- De quelle nature a été cette solution expérimentée et non généralisée ?

L’amplitude de l’expérimentation et portant sur la délivrance des diplômes professionnels « par contrôle continu », c’est-à-dire avec une pédagogie centrée sur un enseignement par objectifs et des savoirs associés avec des référentiels expérimentaux de diplômes réécris sur la base d’objectifs (savoir-faire) et non de seuls savoirs comme auparavant,

- a duré 25 années,

- a concerné 150 000 élèves par an dans la dernière phase de 1981 à 1995, soit prés de du ¼ des effectifs des lycées professionnels publics ;

Cette expérimentation à grande échelle, et très positive d’un point de vue pédagogique (suivi trimestriel en équipe interdisciplinaire et inter établissements autour de chaque élève, modalités d’évaluation en action, etc.) a été arrêtée en 1995, et donc n’a pas pu être généralisée pour au moins quatre raisons :

- la suppression de la note a été un échec en raison du maintien de son existence dans toutes les procédures d’orientation et dans tous les dossiers pour la poursuite d’études ;

- la lourdeur de la gestion individuelle ;

- la suppression des deux heures professeurs de coordination si généralisation ;

- le manque progressif de professeurs venant d’autres établissements et manque de formation à grande échelle sur ce sujet, afin de garantir une évaluation trimestrielle avec coefficient 1 dans toutes les matières, et un jury qui ne soit uniquement composé des seuls professeurs de l’établissement.

- Selon moi, quelles autres solutions possibles, dont celle du MCLCM pour améliorer la confiance et l’objectivité de l’évaluation ?

Trois pistes concrètes :

1 – maintenir la note sur 20 qui est incontournable et faire travailler sur la qualité de son attribution ;

2 – formation continue disciplinaire et obligatoire sur la base de points clés communs et nationaux en matière d’évaluation qui porterait sur :

2-1 Quelques fondamentaux :

- un livret disciplinaire de suivi des acquisitions et des évaluations ;

- la formation à la rédaction de texte d’évaluation de problèmes posés à partir des connaissances, capacités et attitudes afin que ces dernières ne soient pas que des mots ;

- ce qu’est une « liste » disciplinaire de problèmes ou d’exercices dans le cadre du contrat de confiance ;

- ce qu’est un critère d’évaluation avec une liste type connue de toutes et tous, dont les élèves ;

- ce que l’on doit évaluer dans le programme avec également une liste ;

- ce qu’est un corrigé-type des résultats possibles et/ou attendus, et comment l’établir ;

- ce qu’est un barème, comment l’établir et l’appliquer au sein du corrigé type ;

- ce qu’est une appréciation sur une réalisation, sur le livret trimestriel et comment l’établir de façon positive.

2-2 Sur la façon de mettre en œuvre dans les cours :

- comment intégrer progressivement dans les plans de cours de courtes interventions pour former les élèves à appréhender positivement l’évaluation, l’autoévaluation, l’hétéroévaluation ;

- comment planifier sur plusieurs séances et intégrer dans un plan de cours la mise en œuvre d’un contrat de confiance ;

3 – Formation continue interdisciplinaire et d’établissement sur ces bases d’évaluation disciplinaire, mais aussi commune, en relation avec,

- le socle commun ;

- le livret personnel de compétences.


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